Vos préoccupations

Relation à l'argent : pourquoi vous gérez comme vous gérez

Deux foyers aux revenus identiques, aux charges comparables, ne prennent presque jamais les mêmes décisions financières. L'un épargne sans y penser, l'autre n'y arrive pas. L'un parle budget au dîner, l'autre change de sujet.

L'écart ne vient ni des chiffres ni de la volonté. Il vient de ce que chacun a appris, sans le choisir, sur ce qu'il convient de faire avec l'argent.

C'est ce qu'on appelle la relation à l'argent. Et c'est probablement le facteur le plus déterminant de votre situation financière — celui que ni votre banquier ni votre tableur ne regarderont jamais.

Mis à jour le — rédigé par Cédric Dufour, fondateur de Plénit'Finances.

Notre définition

Ce que « relation à l'argent » veut dire, concrètement

Le terme peut sonner vague. Il ne l'est pas.

Votre relation à l'argent, c'est l'ensemble des réflexes que vous appliquez sans y penser : ce que vous jugez normal de dépenser, ce qui vous semble raisonnable de mettre de côté, ce qui vous met mal à l'aise, ce dont vous parlez et ce que vous gardez pour vous.

Ces réflexes se sont installés bien avant que vous ayez un salaire. Ils fonctionnent en arrière-plan, silencieusement, et ils décident à votre place des dizaines de fois par mois.

Les trois héritages

Votre relation à l'argent se lit sur trois niveaux, qui s'emboîtent.

PREMIER NIVEAU

Ce que vous avez reçu

Personne ne vous a fait cours. Vous avez observé.

Vous avez vu vos parents se disputer ou se taire sur l'argent. Vous avez entendu que « l'argent ne fait pas le bonheur », ou au contraire qu'il fallait « assurer ses arrières ». Vous avez su, ou pas, ce que gagnaient vos parents. Vous avez peut-être vécu un moment de bascule — un licenciement, un divorce, un héritage — dont vous avez tiré une règle silencieuse.

Ces règles n'ont jamais été formulées. C'est ce qui les rend solides.

DEUXIÈME NIVEAU

Ce que vous rejouez

Devenu adulte, vous appliquez ces règles à une vie qui n'est plus celle de vos parents.

Cela donne des comportements qui, vus de l'extérieur, paraissent illogiques : quelqu'un qui gagne bien sa vie et n'ose pas dépenser ; quelqu'un qui ne consulte jamais son solde parce que le savoir serait pire que l'ignorer ; quelqu'un qui achète pour compenser une journée difficile et s'en veut le soir même.

Aucun de ces comportements n'est irrationnel. Chacun résout un problème réel — simplement, ce n'est plus le bon problème.

TROISIÈME NIVEAU

Ce que vous transmettez

C'est le niveau dont on parle le moins, et celui qui décide le plus souvent les gens à agir.

Vos enfants vous observent exactement comme vous avez observé. Ils apprennent moins de ce que vous leur dites sur l'argent que de la façon dont vous en parlez entre adultes — ou dont vous évitez d'en parler.

Beaucoup de personnes viennent nous voir pour la première raison, restent pour la deuxième, et repartent en ayant surtout changé la troisième.

Travailler sa relation à l'argent, ce n'est pas remonter à l'enfance. C'est reconnaître une règle héritée, vérifier si elle sert encore, et décider en connaissance de cause.

— Cédric Dufour, fondateur Plénit'Finances

Les signes que votre relation à l'argent vous coûte

Ces situations n'ont rien d'exceptionnel. Si plusieurs vous parlent, ce n'est pas un problème de méthode budgétaire.

  • Vous connaissez les bons conseils, vous les avez déjà appliqués, et ça n'a pas tenu plus de trois mois.
  • Vous évitez de regarder votre compte à certains moments du mois.
  • Vous avez un revenu correct et pourtant l'impression permanente d'être juste.
  • Vous vous justifiez d'un achat auprès de votre conjoint alors que personne ne vous a rien demandé.
  • Vous n'avez aucune idée de ce que gagne ou dépense exactement la personne avec qui vous vivez.
  • Vous repoussez une décision financière importante depuis des mois, sans qu'aucun élément objectif ne manque.
  • Vous vous privez sur des choses qui comptent pour vous, tout en dépensant sans y penser sur des choses qui comptent moins.

Aucune de ces situations ne se règle avec un tableur.

EN COUPLE

À deux : Pourquoi l'argent est si difficile à aborder

Quand deux personnes vivent ensemble, ce ne sont pas deux budgets qui se rencontrent. Ce sont deux héritages.

L'un a grandi avec l'idée qu'on ne touche pas à l'épargne, l'autre avec l'idée que l'argent est fait pour circuler. Aucun des deux n'a tort. Mais chacun juge l'autre à partir d'une règle qu'il n'a jamais énoncée — et souvent qu'il n'a jamais identifiée comme une règle.

D'où des conflits qui portent en apparence sur une dépense, et en réalité sur autre chose : le sentiment de ne pas être consulté, la peur de manquer, la crainte de perdre son autonomie.

Ce que nous observons en accompagnement : les couples qui s'en sortent le mieux ne sont pas ceux qui sont d'accord sur tout. Ce sont ceux qui ont réussi à poser les règles à voix haute, une fois, calmement — quitte à constater qu'ils ne les partagent pas.

C'est précisément ce qu'un tiers rend possible. Beaucoup de couples nous disent avoir eu, lors du premier rendez-vous, une conversation qu'ils repoussaient depuis des années.

Ce qu'un coach budgétaire fait de ce sujet — et ce qu'il n'en fait pas

Soyons clairs sur la frontière.

Un coach budgétaire n'est pas un thérapeute. Nous ne remontons pas à votre enfance, nous n'interprétons pas, nous ne cherchons pas de traumatisme. Si un sujet relève d'un accompagnement psychologique, nous le disons et nous nous arrêtons là.

Ce que nous faisons : nous partons de vos chiffres réels, et quand un écart revient — un poste qui dérape tous les mois, une décision toujours repoussée, une tension récurrente dans le couple — nous nous arrêtons dessus au lieu de le noter comme un manque de discipline.

Concrètement, sur un accompagnement :

  • Nous nommons la règle. « Vous n'entamez jamais votre épargne, même quand ce serait rationnel. D'où vient cette règle ? »
  • Nous vérifions si elle sert encore. Certaines protègent réellement. D'autres coûtent cher pour un danger qui n'existe plus.
  • Nous la traduisons en décision budgétaire. Une règle reconnue devient un arbitrage assumé — un montant, une fréquence, une ligne dans le budget prévisionnel.
  • Nous tenons dans la durée. Un rendez-vous mensuel avec la même personne, qui connaît votre dossier. C'est la régularité, pas l'intensité, qui installe une habitude.

Le reste de la méthode — budget prévisionnel, provisions, pilotage de l'épargne — est décrit sur nos pages gérer son budget et comment et combien épargner. Cette page-ci traite de ce qui les fait tenir.

Questions fréquentes

Est-ce que ce n'est pas juste une façon de dire que je manque de volonté ?

C'est l'inverse. Expliquer un comportement par un manque de volonté, c'est s'interdire d'agir dessus — on ne peut que s'en vouloir davantage. Identifier la règle qui produit ce comportement, c'est au contraire pouvoir la discuter. La plupart des personnes que nous accompagnons ont déjà beaucoup de volonté : elles l'ont dépensée à lutter contre un réflexe qu'elles n'avaient pas identifié.

Je suis seul(e) à vouloir aborder le sujet, mon conjoint refuse. On fait comment ?

C'est fréquent, et ce n'est pas bloquant pour commencer. Un premier entretien peut se faire seul. Beaucoup de conjoints réticents acceptent de participer une fois qu'ils constatent qu'il ne s'agit ni de les juger ni de leur retirer quoi que ce soit. Nous n'exigeons jamais la présence des deux.

Faut-il être en difficulté financière pour que ce soit utile ?

Non. Une relation à l'argent coûteuse ne se traduit pas forcément par un découvert. Elle peut prendre la forme d'une épargne dormante par peur d'investir, de projets repoussés indéfiniment, ou d'une tension permanente dans un foyer qui, sur le papier, va très bien.

Vous allez me dire ce que je dois faire de mon argent ?

Non. Nous n'avons aucun produit financier à vendre et aucun budget idéal à vous proposer. Notre seul indicateur, c'est votre marge de liberté budgétaire — et le fait que vos dépenses correspondent à ce qui compte pour vous.

Faire le point sur votre relation à l'argent

Un premier entretien de 30 minutes, gratuit et sans engagement. Ce n'est pas un audit : vous restez libre de ce que vous partagez, et libre de votre décision à la fin.

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