Peut-on épargner sans but en tête ?

épargner sans but

Séparez-vous votre épargne en différentes catégories ?

Vous avez bien sûr de l’épargne de précaution, qui sert à couvrir les imprévus, typiquement un lave-linge qui tombe en panne. Elle a une vocation défensive.

Vous avez aussi probablement de l’épargne projet, constituée en vue d’une dépense future. Elle joue sur un principe simple : nous aurons toujours plus de remords à retirer de l’argent d’une tirelire nommée « Noël des enfants » que d’un compte courant où passent pêle-mêle toutes les recettes et dépenses.

Et puis vous avez peut-être de l’épargne non affectée, celle qui sert à… on ne sait pas trop quoi.

Il faut bien avouer qu’une fois les deux premiers types d’épargne couverts, la motivation pour épargner chute fortement. Puisque les arrières sont assurés, autant tout dépenser sans complexe, non ?

Mais posséder de l’épargne non affectée permet pourtant de bien belles choses…

Pourquoi épargner sans objectif précis ?

Parce que les objectifs sont biens gentils, mais la vie aime les chambouler. La vie n’est pas une série d’étapes à réaliser dans l’ordre comme dans un jeu vidéo. C’est surtout un enchevêtrement d’histoires individuelles plus ou moins heureuses.

Vous pouvez par exemple avoir envie de :

  • prendre un aller simple pour suivre votre frère qui part vivre à Taïwan
  • céder à un puissant coup de cœur pour un appartement vu dans la vitrine d’une agence alors que vous n’êtes pas en recherche active
  • participer au sauvetage financier d’une entreprise de votre quartier
  • partir en tournée avec votre troupe de théâtre même si cela va vous plomber financièrement
  • accepter un mi-temps au boulot en pensant que quelque chose de positif en ressortira
  • partir immédiatement vivre à 3 000 km avec l’inconnu(e) que vous venez de rencontrer
  • ne pas rentrer de vacances…

Toutes ces opportunités ont un point commun : elles naissent de facteurs extérieurs imprévisibles.

Et toutes vous apporteront davantage de bonheur que l’achat d’un nouveau téléphone ou d’une quelconque période de vacances, parce qu’elles sont la manifestation concrète de votre liberté d’action et de votre individualité. Et ça… ça n’a pas de prix. C’est même l’un des meilleurs usages que l’on puisse faire de son argent.

On sait déjà que les expériences apportent davantage de bonheur que les possessions. Là, c’est encore mieux : il s’agit d’expériences qui vous touchent personnellement. Ce type de bonheur est intérieur, il n’a même pas besoin d’être validé par vos amis facebook pour exister !

Dans le budget ou pas dans le budget ?

Un budget peut tout à fait supporter des petites déviations imprévues. Vous aviez prévu 100 euros d’habillement et vous dépensez 200 euros parce que c’est la mi-saison. Ce n’est pas dramatique si cela ne vous met pas en difficulté : le budget n’est pas un carcan financier.

Comme un GPS, il vous indiquera comment retrouver le chemin après cette déviation.

Mais votre budget ne peut pas prévoir votre décision impulsive de claquer la porte au boulot. Et si vous lui demandez de trouver 10 000 euros pour financer votre reconversion, il en sera bien incapable.

L’épargne non affectée permet de répondre à ce genre d’opportunités au moment où elles se présentent.

Comment se motiver à épargner sans objectif identifié ?

Épargner sans but identifié peut être difficile si vous êtes habitué à fonctionner avec des objectifs précis, ces fameux objectifs « SMART » (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes, Temporels).

Les options de vie évoquées plus haut sont purement opportunistes, elles n’ont ni montant-cible, ni date, ni barre de progression… Il est impossible de leur créer des « tirelires » dédiées. Comment se motiver à leur dédier de l’épargne ?

La valeur de la flexibilité est difficile à percevoir. Dites-vous que ce que vous achetez, c’est une souplesse face à l’inconnu. Appelez-là « Épargne coup de coeur », « Heureux imprévus » ou même « YOLO » si cela vous motive davantage.

Épargner, c’est acheter du temps pour soi

Cette épargne n’est pas une dépense, c’est un cadeau que vous vous ferez à vous-même lorsque vous en aurez besoin. Elle vous permet d’être fidèle à vos objectifs de vie les plus élevés, à vos valeurs profondes, à acquérir du temps pour vous. Chaque euro épargné renforce votre liberté personnelle : improviser, cela se prépare !

Le temps pour soi est loin d’être un concept nouveau. Dans la Rome antique, on parlait d’otium pour désigner le temps au cours duquel on se livre à ses loisirs et activités personnelles, artistiques ou philosophiques. Pour l’anecdote, le monde des affaires est défini comme ce qui n’est pas l’otium : le negotium, ce qui a donné le mot négoce.

Mais si épargner sans but précis est vraiment trop difficile pour vous, veillez au moins à garder des marges de manœuvre financières « au cas où ». Ne saturez pas votre capacité d’emprunt et prévoyez dans vos budgets des leviers pour réduire vos charges. Vous en aurez peut-être besoin un jour.

Gare toutefois à l’excès d’épargne : la thésaurisation, l’accumulation d’argent pour l’argent lui-même sans aucune intention de l’utiliser. Ce refus de transformer l’argent en autre chose relève davantage de l’avarice et du narcissisme, pulsions qui n’ont jamais contribué au bonheur de quiconque !

En conclusion, une fois que l’épargne de base est constituée, continuer à épargner n’est pas obligatoire : cela reste un choix personnel. Nous pensons qu’il en vaut la peine…

Êtes-vous prêt à apprendre à gérer votre argent
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