Cotisations sociales des indépendants et la règle des 50% : faisons le point !

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En matière de cotisations sociales : êtes-vous plutôt Bon, Brute ou Truand ?

On dit souvent aux indépendants qu’ils doivent laisser 50% de leurs revenus de côté pour payer les charges… est-ce vrai ? est-ce la meilleure chose à faire ?

Cet article parle des provisions pour charges sociales et impôts, ces cotisations qui servent à payer votre assurance maladie, assurance vieillesse, formation professionnelle, retraite de base… et aussi de l’impôt sur le revenu.

Et comme le sujet est un peu aride, nous vous proposons de le traiter sous l’angle cinématographique : êtes-vous plutôt Bon, Brute ou Truand ?

Dites-nous ce que vous faites avec vos charges, nous vous dirons qui vous êtes 🙂

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Le Truand

Ce qu’il fait :
Rien. Il ne s’en occupe pas.

Les avantages :
Il n’a rien à faire !

Les inconvénients :
Sa tranquillité d’esprit est très temporaire…

La seule personne qu’il truande, c’est lui-même. Ses impôts, ses cotisations provisionnelles et définitives URSSAF, CIPAV, CSG CRDS et autres… il les payera forcément.

Personne n’aime payer, mais devoir payer par surprise, c’est pire ! Ces décaissements erratiques de plusieurs milliers d’euros placent une épée de Damoclès au-dessus de son compte bancaire. Un découvert peut apparaître d’un jour à l’autre sans qu’il ne soit prévenu.

Un Truand n’est jamais serein !

La Brute

Ce qu’elle fait :
Comptables, CCI, associations de gestion agréés lui ont dit « Mettez 50% de vos encaissements de côté pour pouvoir payer les charges et les impôts »… Alors la Brute le fait.

À chaque encaissement, la Brute laisse la moitié sur le compte professionnel pour payer les cotisations URSSAF et autres réjouissances, et récupère l’autre moitié sur son compte perso comme rémunération.

Les avantages :
La Brute fait quelque chose, et c’est déjà pas mal !
Elle connaît sa rémunération : 50% de ce qu’elle encaisse. Elle peut gérer un budget personnel.

Les inconvénients :
La Brute remarque d’abord que les cotisations ne consomment pas toujours l’intégralité des 50%. Elle utilise donc le solde pour payer les charges courantes de son activité libérale (loyer, véhicule…).

Le souci c’est que parfois, cela ne suffit pas. Les 50% fonctionnent peut-être “en moyenne”, mais la vie d’une infirmière libérale (par exemple) est faite de hauts et de bas… et les points bas sont douloureux !

Juste après un trimestre d’appel à cotisation particulièrement élevé (les joies des régularisations !), ou après une grosse charge fixe, le compte est à sec.

Dans ces cas, la Brute se restreint. Elle limite ses décaissements à ce qu’il y a sur le compte, et tant pis si cela bride son entreprise. Elle rogne sur les formations ou les outils qui pourtant pérenniseront son activité, elle opte pour du matériel low-cost…

Et lorsqu’il n’y a pas le choix (une infirmière libérale qui fait des visites doit payer l’essence !) et que la CARPIMKO vient tout juste de vider le compte, la Brute paye avec son argent personnel en espérant que l’entreprise pourra la rembourser plus tard.

Au final, la Brute n’est pas sereine… Elle a l’impression que son argent personnel ne lui appartient pas totalement, puisqu’il peut être aspiré par son compte professionnel.

Déjà que la séparation vie perso/vie pro était assez floue…

C’est brutal !

Le Bon

Ce qu’il fait :
Il sait calculer ses cotisations (pour les professions libérales, la réponse se trouve chez l’URSSAF).

Mais surtout, il connaît le montant sur lequel elles sont calculées. Selon le statut de son activité libérale (EURL, micro-entrepreneur, EI, SASU…) l’assiette de la protection sociale est différente.

Base forfaitaire, taux appliqué sur les revenus d’activité… sont propres à chaque régime.

Oui,c’est compliqué. Mais il n’y a pas besoin de TOUT connaître : le Bon a passé un peu de temps en formation professionnelle pour savoir comment calculer ses cotisations sociales en fonction de son revenu professionnel. Il sait comment ça se passe POUR LUI et ça suffit.

Les avantages :
Il connaît les décaissements à venir et n’est jamais surpris par un courrier de l’URSSAF. Il limite les risque sur sa trésorerie, car il provisionne ce qu’il doit réellement.​​​​​​​ Il est serein car il sait que sa rémunération est « juste » : elle ne remet pas en cause le fonctionnement de l’entreprise.

Le Bon a un budget dédié pour les charges de fonctionnement et les investissements, qui lui permettent de sécuriser et de développer son activité.

Les inconvénients :
Un peu travail pour mettre tout ça en place !

Le conseil des coachs

Soyons francs, la règle des 50% n’est pas si mauvaise, surtout les premières années lorsque l’on paye des cotisations provisionnelles sur base forfaitaire et que l’on ne sait pas à combien s’élèveront les cotisations réelles.

Cette règle permet de provisionner quelque chose, et c’est toujours mieux que rien !

Mais elle présente deux problèmes.

1. La règle des 50% déresponsabilise

Calculée sur la base des revenus professionnels bruts, la règle devient un fourre-tout qui intègre à la fois le social et fiscal (URSSAF, impôts…) et les frais réels de fonctionnement.

Mettre de côté 50% revient donc à lâcher la main sur le développement de l’entreprise. Votre budget professionnel devient arbitraire.

Exemple : vous mettez de côté 50%. L’URSSAF prend 40%, il vous reste 10% pour faire tourner l’entreprise. Est-ce trop ? Pas assez ? Comment investir sereinement dans ces conditions ? Pourquoi devez-vous caler vos dépenses professionnelles sur cette règle de 50% ? Faites ce qui est bon pour l’entreprise plutôt !

2. La règle des 50% donne une fausse impression de sécurité

Lorsque les 50% ne suffisent pas (si vous avez des coûts fixes élevés par exemple), vous devez piocher dans votre trésorerie personnelle. Vous pensiez être couvert, mais vous ne l’êtes pas réellement. C’est douloureux.

Comment faire mieux ? En partant des frais professionnels.

Avant de vous jeter sur les simulateurs de charges sociales, nous vous conseillons d’abord de découper ces 50% en deux catégories.

Vous devez distinguer ce qui relève des frais professionnels (local, véhicule, assurances, matériel…) de ce qui relève du social et fiscal (URSSAF, impôts…).

Au lieu d’un amas indifférencié de 50%, vous saurez alors que vous payez :
(ces chiffres sont des exemples)

  • 5000 euros de frais fixes
  • 3000 euros de frais variables
  • et 40% du résultat d’exploitation (ce qui reste après les frais) au titre de la protection sociale (assurance maladie maternité, assurance invalidité décès, CSG CRDS, retraite de base) et de la fiscalité (impôt sur le revenu)

Et là, vous aurez fait un pas énorme vers une meilleure gestion. Vous aurez de quoi prévoir, faire un budget, trouver votre juste rémunération, investir sereinement… et diminuer les risques qui pèsent sur votre trésorerie personnelle.

En réalité, le dernier chiffre, le taux de charges sociales, est le moins important.

L’enjeu n’est pas de savoir si l’URSSAF vous prélèvera 36%, 40%, 55% ou tout autre taux. Vous n’avez pas la main dessus, et ce n’est pas un indicateur pertinent.

L’enjeu, c’est de connaître vos frais. Ce sont eux qui déterminent la santé et la pérennité de votre activité professionnelle.

Et même si vous souhaitez – malgré tous nos avertissements – commencer par calculer vos cotisations URSSAF, vous aurez besoin de votre rémunération, et donc de vos frais.

Alors commencez par vos frais, et gérez comme un Bon.

Comment gérez-vous cela aujourd’hui ?

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