Bonne dette, mauvaise dette : faites la différence !

S’endetter revient à prélever des sommes dans son patrimoine futur pour les utiliser dans le présent, et payer un intérêt pour ce service.

C’est parfois une bonne décision ; bien souvent, c’est une mauvaise.

Comment le savoir ? Faisons le tri entre bonnes et mauvaises dettes !

Comment distinguer bonne et mauvaise dette ?

Une dette est bonne si vous vous retrouvez, une fois la dette remboursée, dans une meilleure situation que si vous ne vous étiez pas endetté.

Ainsi, si nous nous plaçons uniquement sur le plan financier, la dette idéale financera un bien ou un service qui permet :

  • de rembourser le capital emprunté (l’actif acquis doit donc conserver de la valeur)
  • de rembourser les intérêts de la dette (il doit aussi générer des revenus)
  • de générer une marge qui permet l’enrichissement (sans quoi l’opération serait neutre)

Quelques exemples de bonne dette :

La bonne dette se définit d’abord par ce qu’elle permet d’acheter. Voici quelques exemples de bonnes dettes :

Un crédit immobilier pour acheter sa résidence principale

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Acheter sa résidence principale est souvent une bonne idée si vous restez plus de 7 ans dans le même endroit. La propriété ne génère pas de revenus à proprement parler mais permet de réaliser une économie de loyer, ce qui revient au même.

Un crédit pour investir dans l’immobilier

A très long terme et en moyenne, l’immobilier a tendance à prendre de la valeur. Qu’il s’agisse d’un bien détenu en direct ou via une SCPI, l’opération est gagnante si les loyers nets compensent le coût du crédit. L’effet de levier, qui consiste à développer son patrimoine grâce à de l’argent emprunté, joue alors à plein.

Un crédit étudiant pour financer ses études

Augmenter votre niveau d’études améliore en général votre valeur sur le marché de l’emploi, ce qui permet donc de vous enrichir. Les banques proposent de très bons taux pour les prêts étudiants et offrent des possibilités de remboursement décalé.

 

Acquérir un actif professionnel à crédit

Un taxi qui souscrit un prêt auto pour acheter un véhicule, un jeune médecin qui rachète la patientèle d’un confrère parti à la retraite, une entreprise qui acquiert une machine pour faire face à un surcroît durable de production : autant d’actifs professionnels rentables pour lesquels l’endettement peut être pertinent.

Toutes ces dettes sont des dettes patrimoniales : elles peuvent vous enrichir. Mais attention, ce n’est pas systématique !

  • Acheter sa résidence principale grâce à un prêt immobilier, oui… mais seulement si l’achat immobilier est adapté pour vous, et si vous ne surpayez pas le bien. Attention aux idées reçues : même si être propriétaire peut apporter une sérénité d’esprit, le dilemme « acheter ou louer » n’est pas toujours à l’avantage de l’achat !
  • Investir sur soi, oui… mais un diplôme n’est pas une garantie de salaire élevé !
  • Investir en SCPI à crédit, oui … si vous avez un horizon assez long, que vous acceptez une potentielle perte de valeur, et que vous n’avez pas besoin de votre capacité d’endettement pour votre résidence principale.
  • Acheter un local professionnel à crédit, oui… sauf si vous activité est n’est pas assez pérenne.

La bonne dette est donc un animal difficile à cerner. Elle dépend en partie de ce qu’elle finance, mais aussi énormément du contexte : vous, votre vie, votre patrimoine, votre sensibilité au risque, le contexte économique…

La mauvaise dette

chaines tabou argentPour la mauvaise dette, c’est bien plus simple.

La mauvaise dette finance des dépenses qui ne vous feront pas gagner d’argent et qui ne prendront pas de valeur.

Lorsqu’un crédit finance les achats suivants, c’est certainement une mauvaise dette :

  • Une voiture alors que l’ancienne roule correctement
  • Des biens d’équipement (meubles, hifi, cuisine…)
  • Des vêtements
  • Des consomptibles (biens qui disparaissent dès leur usage : vacances, coiffeur, mariage, loisirs…)
  • La consommation courante (les courses)
  • Une urgence matérielle (alors que l’épargne de précaution devrait jouer ce rôle).

La caractéristique commune entre tous ces achats, c’est qu’ils ne génèrent ni trésorerie, ni économies de charges.

Nous avons vu que la bonne dette se remboursait toute seule (ou au moins, elle donnait un coup de pouce à son propre remboursement) grâce aux revenus supplémentaires qu’elle permettait.

À l’opposé, la mauvaise dette ne contribue en rien à son remboursement. Elle vous laisse intégralement cette charge ! Avoir une mauvaise dette, c’est donc sacrifier l’avenir pour le présent, et s’engager à travailler dans le futur non pas pour consommer ou épargner, mais pour rembourser les dépenses passées.

Le noms des mauvaises dettes ? Crédits à la consommation, crédits revolving, prêts personnels ou autres réserves d’argent « renouvelables », mais aussi débit différé, découvert : toutes ces dettes vous appauvrissent. Même chose pour les paiements en 10 fois sans frais : c’est gratuit mais c’est bien un crédit !

Attention : les cartes bancaires des grandes enseignes (Carte PASS, etc.) ont l’allure de moyens de paiement, mais leurs « services complémentaires » incitent au débit différé et au crédit à la consommation : ces cartes sont une porte d’entrée pour les mauvaises dettes !

La zone grise entre bonne et mauvaise dette

Tout le monde n’a pas les moyens d’acheter son premier véhicule avec son épargne. Dans ce cas, un endettement raisonnable peut vous faire gagner quelques années de confort : nous sommes alors dans la zone grise entre bonne et mauvaise dette. Beaucoup de biens semi-durables se trouvent dans cette zone (ordinateur, mobilier…).

Il faut alors faire preuve de discernement et s’assurer que l’on sera bien capable de rembourser rapidement ces crédits.

En finances personnelles, les vérités universelles n’existent pas

Au final, distinguer bonne et mauvaise dette dépendra aussi de votre vie et de vos buts personnels : l’aspect financier ne fait pas tout.

Même si une dette est bonne « sur le papier », vous n’avez aucune obligation de la souscrire. Ne rien devoir à personne, c’est une belle liberté, et tant pis si vous passez à côté d’une opportunité !

En revanche, la dette ne doit jamais être une réponse à un budget déséquilibré, car elle ne résout en rien le déséquilibre. Ne vivez pas à crédit, travaillez avant tout sur votre budget, éventuellement accompagné d’un coach financier.

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