Et si votre 13e mois servait à autre chose qu’à payer les cadeaux cette année ?

Les décorations de Noël commencent à s’installer dans les rues : comme chaque année, c’est le moment de penser aux cadeaux.

Et comme chaque année, question préparation :

La tirelire de Noël est vide !

tirelire argent noelÀ l’origine, cet article parlait de provisions pour les grosses dépenses prévisibles : typiquement Noël.

Mais mettre de côté n’est pas facile, voire impossible pour certains. Et on ne vous en veut pas pour cela. Vous connaissez cette sensation au Monopoly, lorsque vous êtes face à une longue série d’hôtels appartenant à vos adversaires ? Quand votre seule question, c’est de savoir si vous allez y laisser beaucoup de plumes ou énormément de plumes ?

La période entre la rentrée et Noël est assez similaire.

Au retour des vacances, il y a d’abord les frais de la rentrée, le troisième tiers d’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la taxe foncière pour les propriétaires, les factures de chauffage et d’électricité qui augmentent, puis arrivent les cadeaux de Noël et le réveillon (au passage, une bonne partie de ces grosses charges peut être lissée par la mensualisation, mais c’est un autre sujet).

Et nous n’allons pas vous faire la leçon. Oui, cela aurait été mieux de provisionner et de créer une enveloppe dédiée pour Noël. Mais vous commencez déjà à stresser sur les cadeaux, on ne va pas en rajouter.

Comment dépenser moins pour les cadeaux de Noël

Les conseils pour dépenser moins à Noël, vous les connaissez déjà, ils pullulent dans les magazines :

  • fixez-vous un budget maximal, détaillé par poste (cadeaux, réception, nourriture, voyage) : à défaut d’avoir provisionné, c’est toujours mieux que rien
  • achetez les cadeaux avec une liste
  • n’emmenez pas les enfants avec vous
  • faites les courses autant que possible aux heures creuses, car moins de stress c’est plus de temps pour comparer et rester rationnel
  • limitez le nombre d’enseignes, si vous pouvez faire plusieurs achats au même endroit, faites-le
  • privilégiez les cadeaux des enfants à ceux des adultes.

Tous ces conseils sont valables… Mais n’abordent pas assez le cœur du sujet.

En tant que coachs, nous aimons prendre un peu de hauteur. Et pour cela, nous faisons appel à un ami grec.

Un Noël épicurien, ça vous dit ?

Épicure est un philosophe grec qui a vécu autour du IIIe siècle avant JC. Noël n’existait pas à son époque, mais il nous a apporté de nombreux cadeaux, dont la notion d’épicurisme, qui voit le plaisir comme objet ultime de toute quête humaine.

Et qu’est-ce qui contribue au plaisir selon Épicure ? L’absence de douleur, plus particulièrement « l’absence de souffrance corporelle et de troubles de l’âme ».

Curieux, non ? On penserait que le plaisir c’est un ventre bien rempli, l’opulence, la joie… Que nenni : l’épicurien cherche autant le bonheur qu’à se débarrasser des malheurs. Et le malheur peut venir des excès dans la recherche du bonheur.

Un exemple. Toute activité à l’origine plaisante (manger, boire, consommer, dormir, être en vacances…) devient déplaisante au-delà d’un certain seuil. Enfant, vous avez sans doute déjà mangé des bonbons jusqu’à en être dégoûté. Vous voyez l’idée.

Adulte, vos risques sont surtout la gueule de bois, la cirrhose, les addictions… Et financièrement, la sensation de ne pas avoir le bonheur que vous souhaitez malgré l’argent que vous dépensez. La spirale dépensière, le surendettement…

Épicure vous met en garde : pour atteindre le plaisir sans mauvaises conséquences, il faut savoir se modérer.

Si le bonheur est une parabole dont on cherche le point haut, deux possibilités : aller vers la droite ou vers la gauche. Et trop souvent, on part systématiquement vers la droite.

graphique évolution bonheur selon consommationEt c’est valable pour tout, absolument tout… De la durée de la sieste idéale au budget vêtements, du nombre de saisons de votre série préférée à la quantité de sucre dans un gâteau…

On en revient à Noël ?

Que cherche-t-on réellement à Noël ?

Si on a des enfants, c’est évident, on veut créer la magie de Noël, un sapin, des cadeaux, tout ce qui va avec. Ces choses n’ont pas de prix et contribuent fortement à leur bonheur (et au nôtre).

À Noël, on a aussi envie de compenser la faiblesse de la lumière et de se consoler des journées courtes et froides. On est aussi angoissé par la nouvelle année, les bonnes résolutions et toutes les responsabilités qui vont avec.

Bref, on a besoin de se faire plaisir. Mais il y a un seuil au-delà duquel la consommation nous apportera davantage de malheur que de bonheur, et ce n’est pas être rabat-joie de le reconnaître.

D’ailleurs, beaucoup de personnes sont capables d’envisager Noël de façon rationnelle l’été, au soleil et en T-Shirt, souhaitant que leur 13e mois ne serve pas systématiquement aux cadeaux et puisse renforcer leur situation financière ou permettre d’autres plaisirs… Mais une fois que l’hiver pointe son nez, la folie de la consommation reprend le dessus.

En pratique on fait comment ?

On ose faire plus petit plutôt que plus grand.

Certes, c’est plus facile lorsque son entourage est dans le même état d’esprit. Mais il faut bien un courageux pour lancer le mouvement !

Si vous recevez, partagez la charge avec vos invités, qui seront ravis d’amener quelque chose pour le repas et de participer à sa préparation. De tous temps, dans toutes les cultures, le don de soi et le fait main ont toujours eu une valeur inestimable. Le supermarché ne doit pas tenir la suprématie dans l’échelle de valeur.

Pour certaines personnes, le cadeau de « pas de cadeau entre nous » sera considéré comme un vrai cadeau, un soulagement. Le cadeau créé une obligation implicite de réciprocité, et les cadeaux de valeur peuvent être socialement gênants pour les personnes qui ne peuvent pas se permettre de rendre la pareille.

Et si vraiment le plaisir d’ouvrir des paquets triomphe, privilégiez le cérémonial à l’objet. Pratiquez le Secret Santa, une cérémonie d’échange aléatoire de petits cadeaux dont la limite de prix est fixée à un seuil très bas. C’est souvent drôle, cela fait marcher l’imagination (quel est le meilleur cadeau à 5 euros ?) et encourage le partage.

Un plaisir d’adultes, qui peut devenir une bonne initiation pour des enfants : chercher un cadeau dans un budget donné, s’en déposséder, accepter l’aléatoire…

Et comme une bonne gestion ne consiste pas à se priver mais à optimiser, le budget ainsi libéré vous permettra de faire plaisir autrement, plus tard… Un tour de bateau au printemps peut-être ?

On se quitte avec une vidéo de Baloo 🙂

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