PARCOURS

Ne pas s'y intéresser a un prix

Thibaut, graphiste indépendant depuis dix ans. Son activité double tous les deux ans. Il doit 14 000 euros aux organismes sociaux, sans avoir jamais mis un centime de côté pour ça.

Au bar, la tournée arrive. Thibaut paie sans vérifier son solde : il ne le connaît pas, et il ne cherche pas à le connaître. Quand quelque chose lui plaît, il l'achète. L'argent ne l'intéresse pas, il le dit lui-même, sans détour.

Il vient de franchir le plafond du régime micro-BNC. Facturation de la TVA, régime réel : sur le papier, son activité de graphiste, qui double tous les deux ans, se porte très bien. Il paie ses cotisations sociales avec un an et demi de retard, en puisant dans les revenus courants. Ça a toujours fonctionné, jusqu'à l'année où ça a trop bien marché.

En décembre, la dette envers la MDA et les organismes sociaux atteint 14 000 euros. Aucune réserve pour la payer. Ses amis partent en vacances sans y penser à deux fois ; lui, malgré de bons revenus, n'a jamais l'argent au bon moment.

« L'argent ne m'intéresse pas, je n'ai pas envie d'en parler ni d'avoir un quelconque rapport avec lui. »

Thibaut

Peut-on voir ses revenus doubler, et devoir de l'argent qu'on n'a jamais mis de côté ?

Thibaut n'ignorait pas que ses cotisations tomberaient un jour. Il savait, en théorie, qu'il faudrait les payer. Mais provisionner suppose de s'intéresser à une dépense qui n'arrivera que dans dix-huit mois, pour un problème qui, aujourd'hui, n'existe pas encore. Il préférait payer la tournée.

Ce n'est qu'après le premier mois de coaching qu'il découvre le montant réel de ses dépenses courantes : 500 euros de restaurants, 400 euros de trajets. Il n'en avait aucune idée avant de les voir écrits.

Pourquoi remettre à plus tard coûte plus cher qu'agir maintenant

Provisionner pour dans dix-huit mois n'apporte aucun bénéfice immédiat. Ne pas le faire non plus, jusqu'au jour où la facture arrive d'un coup. Entre les deux, rien ne pousse à agir aujourd'hui plutôt que demain.

Ce que dit la recherche

Ted O'Donoghue et Matthew Rabin ont modélisé ce mécanisme dès 1999, dans une étude publiée dans l'American Economic Review : face à une tâche qui coûte aujourd'hui pour un bénéfice qui n'arrive que plus tard, la préférence pour le présent pousse à la repousser encore et encore, même chez quelqu'un qui sait parfaitement qu'il devra un jour s'y coller. Provisionner des cotisations sociales est exactement ce type de tâche : le coût est immédiat, le bénéfice invisible tant que rien ne tombe.

O'Donoghue, T., & Rabin, M. (1999). Doing It Now or Later. American Economic Review, 89(1), 103-124.

Une fois la dette là, la logique s'inverse d'elle-même : elle devient urgente, concrète, impossible à remettre. C'est le pire moment pour commencer à s'y intéresser, et c'est pourtant celui où la plupart des gens s'y mettent.

La lecture du coach budgétaire

Le désintérêt de Thibaut pour l'argent n'était pas de la négligence : c'était une position, presque une identité. Le problème n'était pas qu'il dépensait mal. C'est qu'entre l'encaissement et l'obligation qui suit, personne ne posait de repère.

Le coaching ne lui a pas demandé de s'intéresser à l'argent pour lui-même. Il lui a donné un cadre où ce désintérêt ne coûtait plus 14 000 euros.

Ce qu'il a gagné

Les 14 000 euros de dettes professionnelles ont été remboursés en un an et demi. 9 000 euros sont désormais de côté, avec un cap à 15 000 fixé ensemble. Les 1 400 euros annuels de frais bancaires liés aux découverts ont disparu avec le découvert lui-même. Thibaut garde sa carte bancaire facile — il ne changera pas ça — mais il connaît désormais les limites à ne pas dépasser.

« J'avais 14 000 euros de dettes professionnelles. En un an et demi, non seulement j'ai tout remboursé, mais j'ai 9 000 euros de côté… et je vise désormais les 15 000 euros que nous nous sommes fixés. »

Thibaut

« Ce que je retiens, c'est qu'il existe des barrières qui me mettent à découvert. Et je prends la décision de les dépasser en connaissance de cause, non de façon imprévue comme auparavant. »

Thibaut

Trois choses à retenir de ce parcours, si le vôtre lui ressemble un peu :

  1. Une obligation lointaine reste une obligation. Ne pas y penser aujourd'hui ne la fait pas disparaître, ça la reporte au moment où elle coûtera le plus cher à régler.
  2. Se désintéresser de l'argent n'empêche pas d'en avoir besoin. Un premier échange avec un coach Plénit, trente minutes, sans engagement, suffit à savoir si un cadre changerait quelque chose chez vous aussi.
  3. Provisionnez dès le premier encaissement. Une part fixe mise de côté à chaque rentrée d'argent, avant même de savoir si elle sera nécessaire, coûte moins cher qu'un rattrapage forcé.

30 minutes.
Aucun jugement.

Un coach regarde votre situation avec vous. Il vous dit ce qui coince — et si Plénit peut vous aider.

L'interview complète

Le témoignage original, dans son intégralité

Thibaut est graphiste indépendant depuis dix ans. Lors de cet entretien, il est question de régime réel BNC, de cotisations sociales jamais provisionnées, de shopping coup de cœur, et d'une renégociation de tarif obtenue auprès de son comptable.

Bonjour Thibaut, et merci pour ton temps. Peux-tu te présenter ?

Je suis graphiste indépendant depuis 10 ans. Mon activité fonctionne bien… elle double tous les 2 ans !

Tout va bien alors ?

Tout allait bien plutôt !

Après avoir franchi le plafond de chiffre d'affaires du régime micro-BNC, je suis passé au régime réel du BNC, avec facturation de la TVA.

Le problème est venu l'année suivante. Après une très bonne année, ma dette vis-à-vis de la MDA (Maison des Artistes) et des organismes sociaux est devenue trop importante pour que je puisse la payer !

Tu n'avais pas fait de provisions au fur et à mesure des encaissements ?

Non, je payais mes impôts et cotisations sociales passées avec les revenus courants, soit avec environ un an et demi de décalage.

C'est ainsi qu'en décembre 2016, je me suis ainsi retrouvé dans une situation très tendue. J'avais 14 000 € de dettes professionnelles non payées auprès des organismes sociaux, et pas de quoi les payer...

Et côté épargne perso, pas moyen de combler ?

Non, j'ai toujours vécu à découvert. L'argent ne m'intéresse pas, je n'ai pas envie d'en parler ni d'avoir un quelconque rapport avec lui. Quand je veux quelque chose je l'achète, quand je suis dans un bar je paye la tournée sans même connaître mon solde bancaire… je suis habitué à ne pas avoir d'argent.

Outre l'épisode des cotisations sociales, je me suis aussi rendu compte que mes amis n'avaient aucun problème pour partir en vacances, tandis que, malgré mes bons revenus, j'étais limité par le manque d'argent…

En fait, je ne savais pas où allait l'argent.

C'est alors que tu as contacté Plénit'Finances !

Oui, je me suis dit « Il y a des coachs en tout, il y en a forcément en gestion des finances personnelles… ».

Cela n'a pas été trop dur de dévoiler tes comptes ?

Non, pas du tout, quand on sollicite un coach, on n'attend que ça ! Et ils en voient tellement...

Je dirais plutôt qu'il y a eu des moments cocasses.

Lors de l'établissement du premier budget, le formateur-coach m'a demandé d'estimer mes dépenses : restos, courses, sorties… je n'en avais aucune idée !

Ce n'est qu'après le premier mois que j'ai découvert le montant réel de mes dépenses (500 € de restaurants, 400 € de Uber)… et j'ai compris qu'une première solution à mes problèmes d'argent était devant mes yeux.

Avec le recul, je me rends compte que je n'avais aucune idée de ce qui se passait sur mon compte… on aurait pu me prélever de l'argent tous les mois de façon frauduleuse, je ne m'en serais jamais aperçu !

Comment s'est déroulé le coaching ?

Le premier objectif a été de me sortir du découvert récurrent. Le formateur-coach et moi avons commencé par rechercher des sources d'économies immédiates : téléphone, assurances, banques… je suis devenu expert en renégociation de contrats !

Autre source d'économie : le coût des découverts. À cause de mes découverts récurrents, je payais 1 400 € par an de frais bancaires ! Autant de frais qui disparaîtraient une fois ma situation assainie.

Et côté budget ?

Après avoir paré au plus urgent, nous sommes entrés dans le cycle budgétaire.

Adepte du shopping « coup de cœur », je fonctionne plutôt à l'impulsion. Je ne suis pas du genre à refuser un achat qui me plaît sous prétexte qu'il fait dépasser la jauge « vêtements » du mois…

J'ai dû établir des prévisions de dépenses par poste (logements, courses, loisirs...) en début de mois et les confronter à la réalité en fin de mois.

En fait, la création des budgets ne me gênait pas, c'était surtout le remplissage des tableaux avec tout plein de chiffres que je trouvais fastidieux !

Ce souhait de conserver une spontanéité dans la dépense n'a pas remis en cause le coaching ?

Disons que nous avons dû nous adapter l'un à l'autre…. Parfois on en jouait, j'annonçais d'emblée au formateur-coach « ce mois-ci j'ai abusé ! »

Avec le temps nous avons trouvé un terrain commun en adaptant un peu les tableaux de suivi.

L'important était d'atteindre l'objectif : sortir du découvert et rembourser mes dettes. Et cela a été une réussite !

J'avais 14 000 € de dettes professionnelles. En un an et demi, non seulement j'ai tout remboursé, mais j'ai 9 000 € de côté… et je vise désormais les 15 000 € que nous nous sommes fixés.

Le coaching est terminé. Tu continues à suivre tes comptes ?

Oui, je continue à classifier mes opérations sur GererMesComptes, c'est presque devenu un jeu.

Même si je ne conserverai pas 100 % de la méthode pour ma gestion personnelle, le coaching m'a permis de dédramatiser la gestion de budget.

Je sais combien je dépense et où va l'argent, j'identifie mes dépassements et mes « hors budget » et j'en assume les conséquences.

Ce que je retiens, c'est qu'il existe des barrières qui me mettent à découvert. Et je prends la décision de les dépasser, c'est en connaissance de cause et non de façon imprévue comme auparavant.

Et côté pro ?

Ma trésorerie professionnelle est bien plus simple à suivre que ma trésorerie perso : les encaissements sont prévisibles puisque dirigés par la facturation, et les charges sont prévisibles.

Le coaching m'a surtout permis une belle économie.

Puisque j'ai pris l'habitude de classifier mes opérations pro avec précision, j'ai fait comprendre à mon comptable que je lui rendais la tâche plus facile… et obtenu une baisse de tarif !

Tous les parcours de préparation à la création d'entreprise devraient enseigner les bases de la comptabilité, c'est vraiment utile et important.

Un dernier mot pour conclure ?

Une fois la sérénité financière acquise, elle se ressent aussi dans la vie quotidienne. Sans relances d'huissiers, la vie est bien plus « relax ». J'ai de l'épargne de précaution, les compétences pour gérer mes comptes de façon efficace, et réalisé d'énormes économies de frais bancaires.

Je peux enfin partir à l'improviste, lever le pied sur le boulot, prêter à un ami dans le besoin… Et si j'ai toujours la carte bancaire facile – je ne me changerai pas – je connais désormais les limites à ne pas dépasser !

Merci Thibaut !