PARCOURS
Le budget, une liberté
Pierre, 59 ans, technicien intermittent du spectacle. Sa femme, cadre dans la finance. Aucun des deux n'avait de problème d'argent en arrivant chez Plénit.
Le ticket de caisse atterrit dans un tiroir, avec les autres. Ce soir, ou peut-être ce week-end, Pierre le ressortira pour le recopier dans GererMesComptes, ligne par ligne, comme il le fait depuis des années. Pas de retard de paiement. Pas de découvert. Juste ce geste, répété, qui prend du temps sans que personne ne se demande plus pourquoi on continue à le faire ainsi.
« On gère, on suit nos comptes, on sait précisément ce qui va tomber avant que ça tombe », dit Pierre. Sa femme a passé des années dans le secteur bancaire. Lui gère les finances domestiques depuis toujours. À eux deux, ils cochent toutes les cases d'une bonne éducation financière.
Peut-on avoir une bonne éducation financière, et ne toujours pas y voir clair ?
Ils avaient déjà essayé, chacun de leur côté. Un fichier Excel pour Pierre. Des dossiers pour sa femme. Un logiciel de suivi, GererMesComptes, utilisé depuis des années mais alimenté entièrement à la main, un mouvement bancaire après l'autre. « C'est le revers de la médaille d'une éducation financière apportée par les parents », résume Pierre.
Trois systèmes. Deux personnes compétentes. Et la même question, qui revient.
Même les experts ont un angle mort
La femme de Pierre n'est pas une novice. Des années dans la banque, un métier où l'argent des autres est son quotidien. Ce n'est pas à elle qu'on apprend ce qu'est un budget.
Et pourtant. En travaillant avec son propre coach sur son volet professionnel, elle a fait le point sur ses déplacements d'affaires et constaté qu'elle était, dans ses mots à Pierre, « souvent un peu trop généreuse » dans le partage des frais avec ses partenaires. Des sommes qui seraient restées invisibles sans un regard extérieur.
Ce que dit la recherche
Voir les biais des autres, jamais les siens : c'est un phénomène documenté, appelé « biais d'angle mort » (bias blind spot). Une étude de référence de Princeton et Stanford (Pronin, Lin & Ross, 2002) a montré que des personnes se jugent systématiquement moins sujettes à leurs propres biais que « l'Américain moyen », leurs camarades de classe, ou de parfaits inconnus. Le phénomène a depuis été retrouvé dans des contextes à forts enjeux : investissement, médecine, droit. La compétence n'immunise pas contre son propre angle mort. Elle le rend simplement plus difficile à repérer soi-même.
Pronin, E., Lin, D. Y., & Ross, L. (2002). The Bias Blind Spot: Perceptions of Bias in Self Versus Others. Personality and Social Psychology Bulletin, 28(3), 369-381.
Pourquoi la méthode seule ne suffisait pas
Le passage du liquide à la carte a changé quelque chose, mais pas ce qu'on croit. « Nous étions très cash, à part les prélèvements », raconte Pierre. Le couple payait tout en espèces, d'où le besoin de tout recenser à la main. Passer à la carte n'a rien changé à la rigueur de Pierre : ça a changé la disponibilité de la donnée, chaque mouvement existant désormais quelque part.
GererMesComptes, de son côté, faisait ce qu'on lui demandait. Ce qui manquait tenait à ce qu'aucun outil utilisé seul ne peut apporter : quelqu'un qui relit, qui repère, qui pose la question qu'on ne se pose plus soi-même.
La lecture du coach budgétaire
Leur difficulté ne venait ni d'un manque de compétence, ni d'un manque de discipline : ils avaient les deux. Elle venait d'une limite structurelle, celle de voir de l'intérieur ce qui ne se voit que de l'extérieur, même avec toutes les bonnes habitudes du monde.
Le coaching ne leur a pas promis que gérer deviendrait facile. Leur gestion l'était déjà, à sa manière. Il leur a promis d'y voir clair.
Ce qu'ils ont gagné
Face à une armoire que le couple hésitait à acheter depuis des mois, prévoir le budget leur a permis de comparer plutôt que de céder à la première enseigne venue. Face à un dîner improvisé entre amis, savoir ce qui est déjà budgété permet de dire oui ou non sans culpabilité.
« Avoir des limites permet la liberté. Ce n'est pas antinomique. »
Pierre
« Le coaching budgétaire n'est pas qu'une histoire mathématique : c'est surtout une façon de reprendre la main sur ses choix, sans frustration, mais pour mieux allouer son argent. »
Pierre
Trois choses à retenir de ce parcours, si le vôtre lui ressemble un peu :
- Regardez une dépense comme un indice, pas un verdict. Ce n'est pas une note de comportement, c'est une information sur ce qui compte vraiment pour vous.
- Acceptez un regard extérieur, même si vous gérez déjà bien. Un premier échange avec un coach Plénit, trente minutes, sans engagement, suffit à savoir si un œil neuf changerait quelque chose chez vous aussi.
- Commencez petit. Automatiser un seul flux, l'import de vos comptes bancaires par exemple, avant de vouloir tout changer d'un coup.
30 minutes.
Aucun jugement.
Un coach regarde votre situation avec vous. Il vous dit ce qui coince — et si Plénit peut vous aider.
L'interview complète
Le témoignage original, dans son intégralité
Pierre est intermittent du spectacle, sa femme chef d'entreprise dans le domaine financier. Ils ont suivi à deux le coaching personnel et professionnel. Lors de cet entretien, il est question de budget, mais aussi d'une enseigne suédoise de meubles en kit, de liberté, de spontanéité.
Bonjour Pierre, commençons par un paradoxe. Ton épouse a travaillé pendant des années dans le secteur bancaire. Pourquoi venir faire un coaching ? Les cordonniers sont-ils vraiment les plus mal chaussés ?
Non, ils ne sont pas forcément mal chaussés !
Nous avons tous les deux la chance d'avoir une bonne éducation financière et un rapport sain à l'argent. Mais chacun avait son organisation : fichier Excel, dossiers. Nous avions la sensation que l'on pouvait mieux faire.
Je me charge des finances domestiques, ma femme de ses finances pro. De par son métier, elle est forcément plus compétente que moi pour tout ce qui touche à l'argent. Le coaching permet aussi de remettre la balle au centre !
Comment avez-vous connu Plénit'Finances ?
Par la newsletter. On s'intéressait déjà à la gestion de budget. Le budget, c'est la base pour organiser sa vie dans un monde où tout est financier. Avec nos revenus irréguliers, nous sommes obligés d'avoir une gestion sérieuse, surtout avec 2 enfants !
Nous utilisions même déjà l'application GererMesComptes avant le coaching !
Et cela a été difficile d'ouvrir vos comptes à Plénit'Finances ?
Pas du tout. Quand on veut se faire aider, c'est naturel, on est déjà prêt à partager ses comptes.
Certes, l'argent joue un rôle majeur dans la vie, mais le compte bancaire ne définit pas les personnes !
Et même s'il y avait eu une appréhension de notre part, je pense qu'elle se serait rapidement dissipée : on comprend vite que les coachs ne portent absolument aucun jugement.
Utilisateurs de GMC, bonne éducation financière... vous avez quand même tiré des avantages du coaching ?
Oui, car Plénit nous a permis de passer plusieurs caps. À commencer par l'import des comptes bancaires !
Mais tu m'as dit que vous utilisiez déjà GérerMesComptes. Vous l'utilisiez comment ? En recopiant les mouvements à la main ?
À l'ancienne, oui. C'est le revers de la médaille d'une éducation financière apportée par les parents ! On gère, on suit nos comptes, on sait précisément ce qui va tomber avant que ça tombe, mais on est habitués à noter nos dépenses et à les recopier sur papier, Excel ou une appli.
Cela a dû vous faire un choc !
Un gain de temps surtout !
Dans un second temps, Plénit nous a permis de remettre en question nos habitudes. Nous étions très « cash » : à part les prélèvements, nous payions tout en liquide. D'où aussi notre besoin de recenser à la main chacune des dépenses. Maintenant, on paye quasiment tout par carte.
Beaucoup de clients disent que cela transforme le rapport à la dépense...
Oui, totalement ! On voit les choses différemment !
Identifier chacune des dépenses dans les relevés m'a fait prendre conscience de chacune, et de la manière dont elle rentre ou non dans le budget.
Une conscience que l'on a, paradoxalement, beaucoup moins avec le cash.
Parlons budget justement. Question piège : prévoir ne casse-t-il pas la spontanéité de la vie ?
Parfois la spontanéité n'apporte pas que du bon, tout dépend des sujets.
Pour te donner un exemple très concret : nous envisageons d'acheter une armoire depuis des mois. Par manque de temps, nous avons repoussé l'achat depuis longtemps.
Plutôt que d'aller chez une célèbre enseigne suédoise la prochaine fois que nous serons disponibles, faire un budget nous donne l'occasion de comparer, d'élargir le choix à d'autres meubles.
Et lorsque nous ramènerons le meuble à la maison, nous saurons que c'est un choix réfléchi qui nous apportera davantage de satisfaction qu'un achat réalisé en pilotage automatique.
Budgéter à l'avance, c'est se forcer à réfléchir sur ses choix. Et on gagne aussi l'opportunité de dire non.
Dire non ? Faire une croix sur un besoin ?
Non, ce n'est pas ça. Voici un autre exemple : on a tous connu le cas où on est en terrasse avec des copains depuis plus d'une heure, il est 20 heures, le serveur passe pour encaisser parce qu'il finit son service. Et là on se dit qu'on se ferait peut-être un resto.
Tout le monde se lève, et on doit prendre une décision. Oui ou non ? Avec un budget, on sait où on en est. Si on a budgété ce genre de sorties et que ça nous fait plaisir, on y va. Sinon on y va pas.
Les choses sont simples, et se font sans frustration : si cela fait déjà une heure que l'on est en terrasse à discuter et qu'on se revoit le week-end prochain, le resto est clairement une dépense discrétionnaire !
Dans le monde actuel, on est sur-sollicité de propositions commerciales. Tout le monde se bat pour répondre à nos besoins ou pour nous en inventer d'autres. Savoir dire non, ça fait du bien.
Le coaching budgétaire n'est pas qu'une histoire mathématique : c'est surtout une façon de reprendre la main sur ses choix, sans frustration, mais pour mieux allouer son argent.
Cela me rappelle énormément les conseils de gestion du temps. Plus une ressource est abondante, plus on a tendance à la gâcher...
Oui, se mettre des limites c'est en quelque sorte affirmer sa liberté, la liberté de se dire « J'ai le choix, je fais ce que JE choisis ! »
Avoir des limites permet la liberté. Ce n'est pas antinomique.
Même si on doit se priver par moments ?
Tout dépend du contexte évidemment. Si c'est des amis qui viennent de loin, on peut aller au resto de façon imprévue et faire passer le budget chaussures au second plan. Ou assumer totalement un dépassement si on sait comment le résorber rapidement. Ou budgéter à l'avance.
Encore une fois, on revient sur la prévision. Faire son budget en début de mois casse la dynamique toujours plus immédiate de la consommation, et laisse le temps de réfléchir, de respirer.
Gide disait « L'art naît de contraintes, vit de lutte et meurt de liberté. » Finalement, gestion du budget, gestion du temps ou création artistique, c'est toujours la même histoire !
Oui ! Le budget n'est pas un carcan, mais un outil pour être mieux satisfait de ce que l'on dépense !
Pierre, j'ai l'impression que nous pourrions en parler pendant des heures mais l'interview touche bientôt à sa fin. Un mot sur le coaching pro qu'a suivi ta femme ? Le coaching lui a été utile malgré son parcours professionnel financier ?
Oui, elle voyage beaucoup, elle a pu faire le point sur des déplacements professionnels et constater qu'elle était souvent un peu trop généreuse dans le partage des frais avec ses partenaires d'affaires !
Des dépenses qui seraient restées cachées sans l'œil externe du coach.
Jolie découverte ! Et pour finir, un conseil pour les futurs coachés ?
Le coaching prend du temps. Il y a beaucoup d'informations à assimiler, et si au début on ne voit pas forcément pourquoi l'on fait certaines choses. Mais ne vous inquiétez pas : tout a une raison !
Faites confiance aux coachs : la méthode est éprouvée, au bout de plusieurs cycles mensuels, on finit par comprendre quel est le rôle de chaque action et pourquoi elle se fait comme ceci et pas autrement.
Merci Pierre pour ce témoignage !