PARCOURS
Pas pour elle, pour lui
Sage-femme, 39 ans. Quand elle s'est retrouvée seule avec un nouveau-né, ce n'est pas son propre avenir qui l'a empêchée de dormir.
« Ma plus grosse angoisse, ça n'a pas été de me dire je suis toute seule, je n'ai plus de mari, j'ai un enfant, qu'est-ce que je vais faire. C'est comment je vais le faire manger, comment je vais être indépendante et élever mon enfant dans les meilleures conditions. »
Myriam, extrait brut, non retouché
Elle rentre de Guyane avec un nouveau-né et sans mari. Pas de travail, pas d'appartement, pas de crèche. Elle s'installe chez ses parents, en région parisienne, dans une chambre qui n'est pas la sienne, avec un berceau qui n'était pas prévu là. Avant, avec son mari, ils avaient deux bons salaires et dépensaient sans vraiment compter — elle-même pilotait des avions, une passion qui n'est donnée à personne côté budget.
La nuit, elle n'arrive plus à dormir. Elle regarde son fils dans son berceau et une question tourne en boucle, jamais la même que celle qu'on attendrait d'une jeune mère qui vient de tout perdre d'un coup. Pas « comment je vais m'en sortir », mais : comment je vais l'envoyer faire des études dans ces conditions-là. Comment je vais lui donner ce que, elle, elle a eu — voyager, partir au ski de temps en temps, ne jamais compter.
Elle ne payait pas de loyer chez ses parents. C'est ce détail, plus que le divorce ou le déménagement, qui la décide : puisqu'il n'y a pas de pression de loyer maintenant, c'est le moment de se faire coacher. Pas pour éteindre un incendie — il n'y en avait pas, ses comptes n'étaient pas dans le rouge. Pour apprendre à utiliser son argent avant que les dépenses d'un enfant qui grandit ne rattrapent tout le monde lui répétait que ça allait monter.
Peut-on se projeter sur l'avenir de son enfant avant de pouvoir se projeter sur le sien ?
Ce qui ne se voyait pas avant
Rien, dans sa vie d'avant, ne l'aurait poussée vers un coaching budgétaire. Deux salaires confortables, personne d'autre à nourrir, une passion coûteuse qu'elle s'autorisait sans discuter avec elle-même. Quand on peut décider de manger des pâtes un mois sans que ça change la vie de personne, on peut aussi décider de ne jamais se poser la question. Ce n'est pas de l'insouciance qu'elle regrette : c'est qu'à deux revenus et sans personne qui dépend de soi, rien ne vient jamais dire stop.
Elle cherche sur internet, comme elle le fait pour tout, et tombe sur un premier contact téléphonique gratuit. La personne au bout du fil prend le temps de comprendre ce qu'elle gagne, ce qu'elle pourrait gagner en reprenant des gardes à l'hôpital, avant de lui dire qu'il y a des choses à faire. Elle a eu l'impression, dit-elle, que si ses revenus n'avaient pas suivi, on ne lui aurait pas forcé la main. À l'époque, elle ne touchait que 600 euros par mois.
Ce que dit la recherche
Dans sa thèse de sociologie soutenue en 2024 à l'université Paris 8, Anaïs Jannot montre, à partir des enquêtes Budget de famille, Emploi du temps et Patrimoine de l'Insee et d'une enquête qualitative menée auprès de 36 familles, que les parents mobilisent pour l'avenir de leurs enfants des ressources économiques considérables — souvent bien plus que ce qu'ils s'autorisent pour eux-mêmes. Ce déséquilibre, documenté sur des ménages aux profils très variés, éclaire pourquoi un budget d'enfant peut devenir pensable et urgent avant que le sien propre ne le devienne.
Jannot, A. (2024). (S')investir pour ses enfants : une sociologie des emplois du temps et des budgets parentaux. Thèse de doctorat en sociologie, Université Paris 8, sous la direction de Cédric Lomba et Ariane Pailhé.
C'est exactement ce qui se passe pour elle. Elle signe en 2019, quelques semaines après la naissance de son fils, avec une coach qui s'appelle Virginie Robert. Une feuille Excel, une application gratuite, rien de sophistiqué. Ce qui compte, dit-elle, c'est l'absence totale de jugement — sur un budget resto dépassé, sur une envie, sur tout ce qui, dans la façon de dépenser, dit un peu qui on est.
Se détacher du paraître
Il y a un soir où, dépassée par son quotidien de mère seule, elle commande à manger pour la troisième fois de la semaine. Le budget explose, elle s'en veut, et au lieu de laisser passer, elle se demande pourquoi. Elle avait décidé, sans jamais vraiment se le dire, qu'une bonne mère ne mettait pas de pizzas au congélateur. Une pizza surgelée de temps en temps ou un plat livré dix fois plus cher, tout aussi industriel : quand elle pèse le pour et le contre, la réponse ne tient plus.
Elle en tire une formule qu'elle répète encore aujourd'hui : se détacher de la relation affective à l'argent, et se détacher de ce qu'on veut être pour le paraître. Ne pas viser la mère parfaite qui fait tout maison, viser un entre-deux qui ne coûte pas trop cher. La même logique s'applique à un aspirateur qu'elle veut depuis des mois — elle attend six mois avant de l'acheter, pas par privation, mais parce qu'elle veut être sûre de le vouloir encore.
La lecture du coach budgétaire
Combien de dossiers commencent sans qu'il y ait un découvert à combler ? Peu, mais ils existent, et ce sont souvent les plus solides sur la durée : quand rien n'oblige à agir, seule reste la décision elle-même, prise pour de bonnes raisons.
Ce que Myriam appelle son détachement du paraître, nous l'appelons autrement : transformer une dépense en arbitrage plutôt qu'en réflexe de culpabilité ou de compensation. C'est ce déplacement, pas la taille du budget, qui a fait la différence pour elle — et c'est pour ça qu'elle a pu tenir un suivi mensuel cinq ans sans en rater un seul.
Ce qu'elle a gagné
9 mois
de premier accompagnement, en 2019, avec Virginie Robert
5 ans
de suivi mensuel sans un seul mois manqué depuis 2019
1 appartement
en investissement locatif, financé pendant l'autonomie
Après Virginie Robert, elle passe en autonomie avec l'application. Trois ans plus tard, une vente immobilière qui traîne un an la contraint à payer deux loyers en même temps : elle travaille trois fois plus, commande de nouveau à manger plus souvent, et sent que l'équilibre se dérègle. Elle reprend trois mois de coaching, cette fois avec Nadia, pas pour repartir de zéro mais pour se remettre dans le vert et s'entendre dire que ce qu'elle fait est bien.
Aujourd'hui, elle a acheté un appartement en loi Pinel, elle épargne sur trois lignes distinctes — précaution, projets, et une épargne longue pensée pour les études de son fils — et elle a fini par partir de chez ses parents pour s'installer avec lui. Elle en parle à ses sœurs et à sa meilleure amie, qui ont fini, elles aussi, par se lancer.
« Ce que Plénit finance m'a appris à faire, c'est de me détacher de la relation affective à l'argent et de me détacher de ce qu'on veut être pour le paraître, et de peser le pour et le contre dans chaque situation. »
Myriam
Le même réflexe s'applique aux cadeaux. Avant, un anniversaire voulait dire cinquante euros dépensés sans vraiment y penser. Aujourd'hui, elle prépare certains cadeaux des mois à l'avance — parfois avec des chutes de tissu qui ne lui coûtent rien — et dit y trouver plus de sens qu'avant, pas moins.
« J'ai l'impression d'avoir gagné ces 500 euros, alors que ce n'était même pas prévu. »
Myriam
Trois choses à retenir de ce parcours, si le vôtre lui ressemble un peu :
- Ne pas attendre le découvert pour se faire accompagner. Myriam n'était pas en difficulté quand elle a signé. Elle a anticipé une charge qui allait monter — celle d'un enfant qui grandit — plutôt que de la subir.
- Prenez trente minutes pour faire le point, avant que la situation ne l'exige. Un coach Plénit regarde vos revenus et vos projets avec vous, sans engagement, et vous dit honnêtement si l'accompagnement a un intérêt pour vous.
- Laissez passer quinze jours avant un achat plaisir. Myriam note tout ce qu'elle a envie d'acheter sur un calendrier et attend deux semaines. La moitié des envies disparaît toute seule.
30 minutes.
Aucun jugement.
Un coach regarde votre situation avec vous. Il vous dit ce qui coince — et si Plénit peut vous aider.
L'épisode complet
Écouter Myriam raconter son parcours
L'entretien dure une trentaine de minutes. Il y est question d'un berceau en Guyane, de pizzas surgelées sans culpabilité, d'un aspirateur Dyson et de trois sœurs qui parlent budget à table.