PARCOURS

Entre deux feux, depuis le plus bas âge

Joannie, mère de trois enfants, salariée d'une direction financière. Enfant, elle a vu sa mère adorer l'argent et son père le mépriser. Adulte, il lui a fallu quinze ans, un mari plus posé qu'elle et deux coachs pour trouver sa propre relation à l'argent — au point d'en faire, aujourd'hui, son métier.

Extrait — Podcast Plénit'Finances, accro du budget, épisode 26 avec Joannie0:00

« Autant ma mère l'adulait, mon père le méprisait. Vous voyez déjà, j'étais entre deux feux depuis le plus bas âge. »

Joannie, extrait brut, non retouché

Le téléphone sonne le lendemain d'un formulaire rempli sur le site de Plénit'Finances. Joannie décroche, prête à parler travail : elle vient de terminer un bilan de compétences, elle s'y est découvert une attirance pour le métier de coach financier, et elle veut échanger avec des coachs en exercice avant de se lancer. Au bout du fil, Benoît. Il commence à lui poser des questions — mais pas celles qu'elle attendait. Pas sur le métier. Sur elle.

Elle s'entend répondre que non, en fait, ça ne va pas du tout. Que c'est la catastrophe. Qu'elle est acculée. Elle n'était pas venue pour ça : elle avait un projet professionnel à affiner, pas une confession à faire à un inconnu qu'elle avait appelé pour lui poser des questions sur son propre métier.

C'est la première fois qu'elle nomme le stress à voix haute. Elle pense à ses enfants, à ce qu'il resterait à sa famille si quelque chose lui arrivait, à son mari. Elle est venue chercher des informations sur un métier. Elle repart avec un audit sur elle-même.

« Je suis moi-même acculée, je suis stressée, et c'est la première fois que j'étais dans cette situation de stress. »

Joannie

Peut-on avoir choisi son camp, enfant, et hériter quand même des deux ?

Le camp qu'elle avait choisi

Adolescente, Joannie avait tranché. Sa mère aimait ce que l'argent donnait à montrer — la réussite affichée, l'aisance qu'on exhibe. Son père le méprisait, tout en dépensant aussitôt ce qu'il gagnait, pourtant bien. Joannie a pris le parti de son père sur un point précis : l'argent n'est pas une valeur, c'est un outil. On peut être quelqu'un de bien en en gagnant peu.

Elle n'a pourtant jamais cessé d'être attirée par l'argent lui-même — elle le dit avec le recul, presque étonnée de son propre paradoxe. Elle travaille dans les assurances et rêve d'entrer en banque, « parce que la banque, ça veut dire de l'argent ». Ce paradoxe la suit dans son parcours professionnel, mais pas dans ses comptes : à 24 ans, premier emploi bien payé obtenu grâce à un réseau étudiant, elle dépense tout ce qu'elle gagne, « l'argent était mon meilleur ami ». Le CDD se termine, un passage au chômage, un poste suivant moins bien payé — elle garde le même train de vie. Des années de décalage entre ce qui rentre et ce qui sort, des crédits à la consommation contractés sans y penser, un découvert qui ne remonte jamais tout à fait.

Son mari, lui, a une relation plus posée à l'argent : il sait ce qu'il va gagner, il tient un budget. Il ne la corrige pas, il ne gère pas à sa place — il est simplement là, avec un rapport différent au même sujet, longtemps avant qu'elle ne s'en inspire vraiment.

Ce qui se transmet, ce n'est pas l'argent

Ce que Joannie appelle son « entre deux feux » n'est pas une anecdote de famille. C'est un mécanisme documenté.

Ce que dit la recherche

L'économiste français Luc Arrondel a montré, dans une étude publiée en 2009, que ce qui se transmet d'une génération à l'autre en matière d'argent n'est pas seulement un patrimoine, mais des attitudes et des comportements — par imprégnation, à force d'observer ses parents au quotidien, autant que par transmission matérielle directe. Un enfant qui grandit entre deux rapports contradictoires à l'argent hérite souvent des deux, sans pouvoir les départager avant longtemps.

Arrondel, L. (2009). « Mon père avait raison » : la transmission des valeurs entre les générations. Revue Française d'Économie, 24(1), 157-205.

Joannie n'a pas hérité d'un patrimoine de ses parents. Elle a hérité de deux façons irréconciliables de regarder un billet — celle qui veut le montrer, celle qui veut le fuir — et il lui a fallu un audit, mené par un professionnel, pour les voir enfin l'une à côté de l'autre, plutôt que l'une contre l'autre.

La lecture du coach budgétaire

Il arrive régulièrement qu'un appel commence par une question sur le métier de coach, et se termine par un audit sur la situation personnelle de la personne qui appelait. Ce n'est pas un hasard : les personnes les plus attirées par l'accompagnement budgétaire sont souvent celles qui, sans se l'avouer, en auraient elles-mêmes besoin.

Un audit initial sert précisément à ça : vérifier, avant tout engagement, si la situation permet un accompagnement ou appelle une réponse différente. Pour Joannie, il a mis au jour une réalité simple — l'argent du foyer circulait sans discipline ni cohérence, alimenté au coup par coup selon les besoins, jamais organisé en amont. Ce que l'audit ne dit pas, en revanche, c'est ce qui se joue avant l'appel : les années où l'on sait, en théorie, que l'argent n'est ni ce qu'en a fait sa mère ni ce qu'en a fait son père, sans que cette conviction change quoi que ce soit au découvert du mois.

Ce qu'elle a gagné

1 an

de coaching, avant de voler de ses propres ailes

2 → 3

enfants accueillis pendant l'accompagnement

10 jours

le nouveau rythme des courses, contre l'achat au coup par coup d'avant

Le premier chantier, avec Benoît, a été de mettre l'argent du couple à plat : des postes de dépense clairs, un budget alimentation défini alors qu'elle était jusque-là incapable de dire ce qu'elle dépensait en courses, une enveloppe mensuelle pour les cadeaux et vêtements des enfants, sans tout couper d'un coup. Puis, avec Séverine, une épargne projet pour les échéances qui reviennent chaque année — impôts, réparations de voiture — et une épargne de précaution, alimentée peu à peu, qu'elle a d'abord eu du mal à ne pas reconstituer aussitôt entamée.

Aujourd'hui, le foyer met de côté chaque mois pour un projet d'investissement locatif, avec un été en Croatie ou, à défaut, au Portugal, en discussion selon la cagnotte disponible. Et Joannie a rendez-vous en novembre : un stage de coach budgétaire de quatre mois chez Plénit'Finances, jusqu'à la certification.

« Aujourd'hui, je libère un peu ma parole parce que je suis plus à l'aise, et il y a eu un gros travail de fait sur moi et sur ma relation à l'argent. »

Joannie

Elle sait déjà ce qu'elle dira aux personnes qui hésitent, celles qui se reconnaissent dans son histoire d'il y a deux ou trois ans.

« N'ayez pas honte de cette situation, n'ayez pas honte de vous : on ne part pas tous avec les mêmes cartes dans la vie, mais Plénit'Finances et les coachs sont là pour redistribuer les cartes. »

Joannie

Trois choses à retenir de ce parcours, si le vôtre lui ressemble un peu :

  1. Le camp qu'on choisit enfant ne suffit pas à s'en protéger. Savoir, en théorie, que l'argent « n'est pas une valeur » n'a pas empêché Joannie des années de découvert. Un principe clair sur l'argent ne dispense pas d'un cadre concret pour le faire vivre au quotidien.
  2. Un audit avant tout engagement. Trente minutes avec un coach Plénit suffisent à distinguer un simple ajustement d'un vrai accompagnement — et parfois à dire que ce n'est pas le bon moment, comme cela peut arriver.
  3. Commencez par vos postes de dépense les plus flous. Alimentation, cadeaux aux enfants : donnez un budget mensuel à ce qui semblait insaisissable, sans chercher à tout couper d'un coup.

30 minutes.
Aucun jugement.

Un coach regarde votre situation avec vous. Il vous dit ce qui coince — et si Plénit peut vous aider.

L'épisode complet

Écouter Joannie raconter son parcours

L'entretien dure une trentaine de minutes. Il y est question d'un appel qui devait porter sur un métier, de deux parents aux relations opposées à l'argent, et d'un stage de coach qui commence en novembre.